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Avec l’obligation de tenir les chiens en laisse à partir de 2023, la Région bruxelloise souhaite renforcer la population languissante de chevreuils dans la forêt de Soignes. Pour compenser, il y aurait des zones sans laisse. Bruxelles Environnement mène également une étude pour examiner d’autres raisons du déclin du nombre de chevreuils. Des photopièges et des hormones sont utilisés pour cela.

Depuis 2008, le nombre de chevreuils dans la forêt de Soignes est suivi grâce à un partenariat entre les trois régions. Le nombre de chevreuils dans la partie bruxelloise de la forêt de Soignes connaît un déclin progressif, qui s’est accéléré depuis 2020.

Alors qu’il y avait encore 1,1 chevreuil par kilomètre carré entre 2008 et 2013, il n’était que de 0,6 entre 2017 et 2020. En 2021, ce nombre est tombé à 0,5 par kilomètre carré. Selon les scientifiques, il ne s’agit pas d’une diminution du nombre d’observations, mais d’une véritable diminution, a déclaré mercredi le ministre de l’Environnement Alain Maron (Ecolo) en commission de l’environnement, en réponse à une question de la députée et collègue de parti Ingrid Parmentier. En moins de dix ans, il y a donc deux fois plus de chevreuils dans la forêt.

20 à 30 chevreuils attaqués

Les principales causes de décès chez les chevreuils sont les chiens errants qui attaquent les animaux et les collisions avec les automobilistes. Il arrive régulièrement qu’un cerf effrayé (par un chien ou autre chose) marche sur l’autoroute dans et autour de la forêt et y soit heurté. Les gardes forestiers en gardent le suivi autant que possible, mais ne sont pas toujours informés. Rien que dans la partie bruxelloise de la forêt, rapporte Bruxelles Environnement, vingt à trente cerfs sont attaqués par des chiens chaque année.

Ce nombre a fortement augmenté en 2020, non seulement dans la partie bruxelloise, mais dans l’ensemble de la forêt, et par extension également dans d’autres forêts.

Bruxelles Environnement a demandé à l’asbl Wildlife and Man, qui surveille la population, d’étudier les causes du déclin de la population de chevreuils. Les scientifiques voient plusieurs possibilités qui influencent le taux de natalité et de mortalité au sein de la population : la pression récréative d’un nombre croissant de cyclistes et de promeneurs, les chiens errants, et peut-être aussi le fait de déranger ou d’attaquer les sangliers. Les sangliers sont une apparition assez récente dans la forêt.

Photopièges et hormones

Pour connaître les raisons exactes du déclin de la population de chevreuils, deux méthodes de recherche seront combinées. D’une part, les pièges photo seront installés à des endroits aléatoires. Cela devrait permettre de comparer avec les populations de chevreuils dans d’autres forêts belges, comme la forêt de Meerdaal ou le parc national de la Haute Campine.

De plus, des doses de glucocorticoïdes (hormones) seront administrées aux chevreuils « de manière non invasive » afin de déterminer le niveau de stress au sein de la population.

Bruxelles Environnement travaille également à une révision du Code forestier, qui devrait être achevée en 2023. L’idée est de rationaliser la législation dans les trois régions. Les chiens devraient également rester tenus en laisse dans la partie bruxelloise de la forêt de Soignes, « ce qui semble essentiel pour réduire la pression sur la population de chevreuils », explique Maron.

Zones sans laisse

En 2008, les trois régions se sont déjà mises d’accord sur le fait qu’elles souhaitaient harmoniser la législation forestière dans la forêt de Soignes, qui s’étend sur les trois régions.

Tout comme c’est le cas pour la cueillette des champignons, les règles diffèrent actuellement quant à savoir s’il faut ou non laisser les chiens en liberté dans la forêt. À Bruxelles, un propriétaire de chien a le droit de laisser son animal se promener librement dans la forêt, « tant qu’il a son animal sous contrôle », dans les autres régions, ce n’est pas autorisé. Cette description date de 1995 et est difficile à évaluer objectivement, a reconnu le ministre au sein de la même commission en réponse à une question de la députée Els Rochette (One.brussels).

En raison du contexte actuel, et à la demande expresse des forestiers en forêt, Bruxelles travaille actuellement à une uniformisation des règles. Cela devrait rendre la législation plus claire pour les visiteurs de la forêt et réduire en même temps la pression sur la faune et la flore.

Pour compenser, le ministre Maron prévoit des zones sans laisse clairement délimitées pour les chiens dans ou à proximité de la forêt de Soignes, qui doivent être mises en place avant l’entrée en vigueur de l’interdiction générale des chiens sans laisse. Un groupe de travail coordonné par Bruxelles Environnement s’efforcera d’évaluer le bien-être animal, la fonction écologique de la forêt et sa fonction sociale.